VNF attribue deux lots du projet de canal « Seine Nord Europe »

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

bassin réservoir Louette

Zoom [+]

Voies Navigables de France © VNF attribue deux lots du projet de canal « Seine Nord Europe »

Dans le cadre du grand projet de canal « Seine Nord Europe » qui doit relier le bassin parisien au Nord-Pas-de-Calais, Voies Navigables de France (VNF) a attribué deux lots au bureau d’études et d’ingénierie Ginger CEBTP. Ils portent sur la conception d’un bassin réservoir dans la Somme et sur la réalisation de sondages pour des remblais.



Le canal « Seine Nord Europe » à grand gabarit avance : si le bouclage du financement a connu quelques soucis, la phase des études est désormais lancée. Aussi, le bureau d’études et de conseil en ingénierie Ginger CEBTP s’est-il vu attribuer deux lots par VNF. Le premier concerne la conception d’un bassin réservoir dans la Somme (communes d’Allaines et de Bouchavesnes-Bergen), tandis que le second porte sur le sondage des remblais entre les communes de Languevoisin-Querry (Somme) et Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais).

Pour le premier lot, les travaux consisteront notamment à réaliser une reconnaissance des sols en vue de concevoir le réservoir de « Louette », d’une superficie de 85 hectares. Ce bassin servira, en période d’étiage, à combler le déficit de prélèvement d’eau dans l’Oise et l’Aisne, afin de compenser les pertes par évaporation et par infiltration tout au long du canal. Une seconde retenue dite « Tarteron » sera réalisée. Pour Ginger, la reconnaissance comprendra le secteur du bassin réservoir ainsi que les zones de déblais importants dans les emprises du futur canal, dont les matériaux serviront à l’édification du bassin. Les principaux objectifs seront de préciser les caractéristiques mécaniques au droit du barrage, de la banquette aval et de la digue du plan d’eau fixe. Le bureau d’études devra également caractériser les sols recoupés en déblais en vue de préciser leur potentiel de réutilisation, notamment avec des études de traitement. Il devra enfin préciser les caractéristiques mécaniques des déblais afin d’optimiser les pentes de talus (limons, craie).
 

Connaître les sols
Le second lot, spécifique aux compléments de sondage pour les remblais, concerne 63 km de terrain. La campagne de reconnaissance de sol portera sur les remblais de classe B (intéressant la sécurité publique d’une hauteur inférieure à 20 mètres). Ici, les principaux objectifs de Ginger seront l’acquisition de connaissances du sol support de ces remblais (afin de mieux appréhender les problèmes de stabilité et de tassement dans les secteurs concernés) et de connaissances de l’hydrogéologie au droit de ces remblais.

Techniquement, le canal comportera sept écluses et trois ponts-canaux, ainsi que 59 autres ouvrages de franchissement (ponts routiers et ferroviaires). Le coût total est estimé à 4,3 Mrds €. Il devrait être mis en service en 2016 ou 2017.


Ginger canal seine nord europe
Ginger ©
Le canal Seine Nord Europe est une voie navigable de 106 km, qui doit relier Compiègne (Oise) à Aubencheul-au-Bac (Nord), permettra de faire transiter des péniches entre la Seine et l’Escaut, donnant accès au Benelux et aux 20.000 km de réseau fluvial européen. Déclaré d’intérêt public en 2008, l’ouvrage est l’un des 30 projets prioritaires du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Maillon manquant entre les bassins de la Seine et du Nord, le canal devrait permettre de tripler le trafic fluvial sur l’axe nord-sud dès 2020 et générer un surplus de 6 à 7 milliards de tonnes-kilomètres à l’échelle européenne (dont 4,5 milliards de tonnes-km reportées de la route vers la voie d’eau). Le canal permettra alors d’économiser 280.000 tonnes de CO2 dès 2020, avec un objectif de 570.000 tonnes en 2050, période à laquelle, jusqu’à 45.000 emplois pourraient avoir été créés (25.000 emplois induits dès 2030).

(12/03/201

Publié dans Bassin Parisien

Commenter cet article