Sdrif, avis défavorable du CG des Hauts de Seine

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

L’assemblée départementale a émis le 25 janvier un avis défavorable au projet de schéma directeur de la région Île-de-France élaboré par le conseil régional.

 

 

Les Hauts-de-Seine ne veulent pas de la tutelle du conseil régional. Le débat sur le projet de Schéma directeur de la région Île-de-France, vendredi 25 janvier, a vu la majorité départementale vent debout contre ce document d’urbanisme et d’aménagement, élaboré par la Région, dont les objectifs sont jugés « irréalistes ». Le projet du conseil régional fixe ainsi à 70 000 le nombre de logement à construire par an dont 11 600 pour les Hauts-de-Seine.

 

« Cela revient à quasiment doubler le rythme de construction constaté depuis 2005, alors que la densification est déjà élevée et que les gisements fonciers sont de plus en plus rares, a souligné Patrick DevedjianPour le vice-président du conseil général chargé de l’aménagement, François Kosciusko-Morizet, « le projet de Sdrif fait preuve d’une étonnante volonté de casser le dynamisme économique de notre territoire et de remettre en cause la qualité du cadre de vie ». Le document prévoit en effet la création de 3,1 logements pour un emploi créé dans le département. « Cela revient à nous demander de créer deux fois plus de logements en créant trois fois moins d’emplois qu’aujourd’hui », s’est insurgé M. Kosciusko-Morizet qui dénonce un « exercice purement spéculatif ». 

 

Avec le ratio proposé dans le projet de Sdrif, le nombre d’emplois créés chuterait en effet à moins de 2 500 par an contre 8 000 aujourd’hui dans l’hypothèse où le rythme de construction se poursuivrait au rythme de ces cinq dernières années, soit 6 600 logements par an…

 

Autre contradiction relevée par la majorité départementale, les 70 000 logements annuels devront être produits à 75 % en « zone déjà urbanisée », comprendre la petite couronne. Pour M. Kosiusko-Morizet, cette exigence est également en contradiction avec d’autres objectifs du Sdrif notamment en matière d’environnement et menace directement « le tissu pavillonnaire et les espaces verts ». «  La densité dans Paris et la petite couronne est déjà deux fois supérieure à celle de Londres sur une surface comparable, a-t-il insisté : 6,6 millions d’habitants sur 762 km2 contre 3 millions d’habitants sur 624 km2… ».

 

L’objectif de 30 % de logement social « en stock » à l’horizon 2030 pour toute l’Île-de-France reviendrait par ailleurs « mécaniquement à construire des logements sociaux, là où ils sont déjà concentrés, dans le nord du département où se trouve le foncier disponible ». L’avis du conseil général des Hauts-de-Seine propose un objectif plus raisonnable de 30 % de logements sociaux « en flux », soit un tiers des chantiers à l’échelle du département, objectif identique à celui porté par Paris Métropole.

 

Enfin, en matière de transports, le Département regrette l’insuffisance des projets de transports en commun en l’état dans un schéma qui, en même temps, souhaite limiter la place de la voiture.

 

Une fois voté, au plus tard le 31 décembre prochain, le document final, qui doit faire maintenant l’objet d’une enquête publique sera opposable aux communes. Elles devront en tenir compte, notamment dans l’élaboration de leur Plan local d’urbanisme. Pour l’assemblée départementale, c’est aussi là que le bât blesse, le projet actuel portant atteinte « au principe de libre administration des collectivités territoriales ». Selon Patrick Devedjian, « ceci est conforté par l'objectif du conseil régional de créer une autorité régionale du logement et de fusionner les établissements publics fonciers. Cette volonté de centralisation va à l'encontre de l'efficacité qui passe par la responsabilisation des communes et intercommunalités.»

Publié dans SDRIF - IDF

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