Michel Berson (sénateur PS), « La grande couronne n’est pas l’arrière-cour de Paris »

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

La Gazette.


Tribune libre de Michel Berson, Sénateur (PS) de l’Essonne et membre du Comité stratégique de la société du Grand Paris

 

Au lendemain de son élection à la présidence de la République, François Hollande a réaffirmé sa volonté de « créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une métropole parisienne ». Il a raison car il y a urgence. Pourtant, en la matière, il sera important de ne pas se tromper sur le diagnostic et sur les solutions à engager.

 

Une proposition simple a été avancée : fusionner sur le plan institutionnel Paris et la petite couronne. Ce serait méconnaître ce qui fait la force et la cohérence de notre région métropole et ignorer près de la moitié des habitants de l’Ile-de-France.

Les départements de grande couronne – en particulier l’Essonne, avec notamment le cluster de Saclay et le Genopole d’Evry – s’inscrivent dans ce nouvel espace multipolaire et participent au rayonnement de la métropole parisienne.

La grande couronne n’a pas vocation à rester l’arrière-cour de Paris et de la petite couronne. L’urgence pour les élus franciliens est de combattre cette fracture territoriale et sociale, que la grande couronne continue de payer au prix fort.

 

Trois priorités s’imposent : rattraper le retard dans le domaine des transports collectifs, victimes de trente ans de sous-investissements et menacés par le risque d’un assèchement des crédits du RER au profit du Grand Paris Express ; favoriser les créations d’emplois au-delà de la zone dense pour sortir de la logique d’« apartheid territorial » qui concentre les zones d’activité au centre et relègue les logements à la périphérie ; créer des mécanismes de solidarité financière et de péréquation fiscale, non pas seulement entre Paris et la petite couronne, mais entre toutes les communes et départements d’Ile-de-France.

 

La bonne échelle pour traiter ces questions est celle du syndicat mixte Paris métropole, ce qui nécessite qu’il soit doté de réelles compétences et de ressources adéquates. C’est la piste envisagée par le président de la République. C’est la voie à suivre.

 

La première décision concrète à prendre concerne le site du futur grand stade de rugby de 80 000 places, générateur de développement et d’emplois. Elle sera un indicateur éclairant. Le choix d’Orly-Rungis renforcera encore le cœur de la métropole, déjà doté du Stade de France. Celui d’Evry – Ris-Orangis contribuera au nécessaire rééquilibrage.

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