Logement : le Grand Paris devra fluidifier les parcours résidentiels

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

Latribune.fr Mathias Thépot | 13/05/2013

 

Plus qu’ailleurs, les freins à la mobilité résidentielle à Paris et ses alentours restent importants. Pour changer la donne, la loi du Grand Paris qui a fixé pour objectif de construire 70.000 logements par an devra se concentrer sur le parc intermédiaire.

 

Pour être couronnée de succès, l’opération du Grand Paris -qui prévoit la construction de 70.000 logements par an contre 40.000 aujourd’hui- devra assurément développer une offre locative intermédiaire. Les parcours résidentiels dans Paris et ses alentours sont en effet davantage freinés qu’ailleurs et la partie basse des classes moyennes en souffre tout particulièrement.
 

Il faut dire que la structure de l’offre de logements ne leur est pas favorable. Pour faire changer la donne, la création de logements intermédiaires, aujourd’hui trop marginale, permettra aux ménages franciliens de facilité la transition entre un marché locatif social gelé et un marché libre trop coûteux.

 

Le marché libre de plus en plus inaccessible

 

À Paris intra-muros, par exemple, tandis que les prix des biens les plus chers augmentaient de 135 % au cours des années 2000, ceux des biens les moins chers enflaient de 220 %. Alors qu’elles se tournent historiquement à un moment de leur vie vers l’accession à la propriété, les classes moyennes sont donc de plus en plus nombreuses à en être exclues.
 

Par répercussion, le parc locatif est lui aussi devenu trop couteux. "Le "saut à la relocation" pratiqué à l’occasion de changements de locataires a correspondu à des augmentations annuelles de loyer de 11 % en moyenne pendant les années 2000", indique Claire Juillard.

 

Deux alternatives difficiles à dépasser

 

Les classes moyennes inférieures sont désormais devant deux alternatives difficiles à dépasser : louer un petit appartement dans le centre ou acheter une plus grande maison en périphérie de Paris. Sachant que plus les revenus des ménages seront faibles, plus leurs appartements à Paris seront petits et plus leurs maisons en périphiérie seront éloignées.

"C’est donc mécaniquement que les ménages démarrent leur parcours résidentiel dans Paris intra-muros ou en proche banlieue, les mieux dotées en petits logements dans le locatif privé, et le poursuivent en périphérie, la mieux pourvue en logements familiaux en accession", indique Claire Juillard.

 

Des chocs plus importants dans les parcours résidentiels

 

Seulement à Paris et en proche banlieue, les chocs dans les parcours résidentiels, comme les décohabitations en solo, les installations en couple, ou les séparations et recompositions familiales, sont légions. "Les parcours résidentiels suivent la multiplication des étapes du cycle de vie. Non seulement leurs étapes sont plus nombreuses mais leur déroulé est plus heurté. Avec la précarité financière qu’elle induit, l’instabilité familiale, en particulier, engage dans un épisode d’un genre nouveau : la perte du statut de propriétaire et le retour dans le parc locatif", constate Claire Juillard.

L’enjeu est donc bien d’amortir le choc. "Une solution réside dans la diversification de l’offre locative. En particulier, il s’agit de renforcer encore les moyens de redéployer l’offre à loyer intermédiaire", ajoute l’économiste. Ce, sur tout le territoire du Grand Paris, là ou souvent, les ménages se voient contraints de renoncer à leur statut de propriétaire.

Publié dans Grand Paris

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