Les migrations étudiantes dans le système universitaire français au début des années 90[*]

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

Myriam Baron, Maître de conférences en géographie, baron@parisgeo.cnrs.fr, UMR CNRS 8504 « Géographie-cités », Université Paris 7 – Denis Diderot, UFR GHSS, Case courrier 7001, 2, Place Jussieu, F - 75251 PARIS CEDEX 05

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Introduction

Le début des années 90 a constitué une période charnière, pour ne pas dire majeure, dans le développement et le fonctionnement de l’enseignement supérieur, en particulier pour sa principale composante qu’est l’Université. Cette dernière assurait et continue d’assurer l’accueil d’environ 2/3 des étudiants poursuivant des études supérieures. Et ce même si sa part n’a cessé de baisser au cours de la dernière décennie : on est en effet passé de quelque 1 183 000 étudiants inscrits à l’Université représentant 69 % de l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur en 1990-1991 à 1 404 015 représentant environ 65 % des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en 2000-2001 (DEP, 2002). Toutefois, cette baisse de la part relative de l’Université dans le dispositif français de formations supérieures ne doit pas faire oublier que les effectifs y ont crû de près de 19 % au cours de la dernière décennie. Encore convient-il de différencier ce qui s’est passé durant la première moitié des années 90, durant laquelle la croissance des effectifs a dépassé 25 %, alors que durant les 5 années suivantes on a assisté à une baisse de plus de 5 %.

2 C’est dans ce contexte que la mise en place et la montée en puissance du schéma « U 2000 » ont conduit à dresser états des lieux et autres bilans visant à cerner les forces mais aussi les faiblesses du système universitaire français. Celles-ci ont pu être lues au travers d’études qui visaient à caractériser l’offre de formation des différents sites concernés par ce type d’équipement (De GAUDEMARD (dir.), 1992 ; BROCARD et alii (dir.), 1996 ; DATAR (dir.), 1998). Étaient alors différenciés les sites universitaires de première importance qui étaient en mesure d’offrir une grande variété de formations selon les cycles, les disciplines mais aussi les orientations professionnelles ou non, des sites qui n’étaient en mesure d’assurer que des formations correspondant au début du parcours universitaire, voire les seuls premiers cycles à finalités professionnelles (FRÉMONT et alii (dir.), 1992 ; ERTUL (dir.), 2000). Or, les forces et les faiblesses du système universitaire français peuvent également être lues au travers des migrations étudiantes qui se produisent entre les différents sites universitaires. Et ce dans la mesure où elles constituent un indicateur pertinent de la connaissance et de l’utilisation du système universitaire par les étudiants. Pour mener des études à partir d’un tel indicateur, encore fallait-il disposer de données collectées à un niveau suffisamment fin : ce ne fut chose faite qu’à la fin des années 90, grâce aux exploitations des données centralisées par la Direction de l’Évaluation et de la Prospective (DEP). Jusqu’à cette date en effet, seules étaient disponibles des données présentées aux niveaux de l’académie ou de la région. Or, en dix ans, la formidable croissance du nombre de sites proposant au moins une formation universitaire a rendu en partie caduque car trop grossière cette seule approche : on est en effet passé d’environ 80 villes abritant au moins une formation universitaire à près de 150. Encore fallait-il définir clairement ce que l’on entendait par mobilité géographique étudiante, ce faisant ce que l’on voulait exactement étudier. Encore fallait-il esquisser quelques pistes possibles de réflexion à partir des principaux résultats de telles études, en particulier les possibilités mises en évidence de sortir du modèle universitaire français réduit pour certains, caricaturé pour d’autres au principe du « Tout partout »

 

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Posté par Karim Lakjaâ

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