Les élus locaux font front commun pour défendre le canal Seine-Nord

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

 

LesEchos  

Les élus locaux font front commun pour défendre le canal Seine-Nord

Par OLIVIER DUCUING

Le président de VNF est venu rassurer des élus locaux très inquiets sur l'avenir du barreau fluvial de 106 kilomètres de long. Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Environnement, est monté au créneau.

Le canal Seine-Nord peut-il être sauvé ? Le nouveau ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, avait semé le trouble ces dernières semaines en soulignant la sous-évaluation de ce projet majeur (4,5 milliards) et son manque de financement, avant de lancer une mission d'études complémentaire. Puis le groupe Bouygues, seul candidat face à Vinci, a jeté un pavé dans la mare en annonçant suspendre sa participation.

C'est à Cambrai (Nord), territoire où doit être implanté la plus grande plate-forme logistique du futur canal, que les élus locaux de toutes obédiences ont choisi de réaffirmer leur soutien au projet, à travers l'association Seine-Nord Europe. Ce barreau fluvial de 106 kilomètres doit relier le Bassin parisien à l'Europe du Nord, avec une valorisation des flux via quatre plates-formes le long du tracé. Le projet aurait pour effet, parmi d'autres, d'alléger l'autoroute A1 de 500.000 camions par an. Il créerait aussi quelque 10.000 emplois à l'horizon de 2020, souligne Philippe Marini, président de l'association. « Pouvons-nous dans cette période d'incertitude et de chômage passer à côté d'une telle opportunité », interroge le sénateur-maire de Compiègne. « Rares sont les projets qui sont bons dans tous leurs aspects. La programmation est faite, les travaux sont lancés, 200 millions d'euros dépensés. Il faut arrêter d'arrêter ! », a lancé Jean-Louis Borloo. L'ancien ministre, qui juge la situation « hallucinante », note que le lancement d'études complémentaires de financement peut constituer un message très mal perçu à Bruxelles, alors même que, « à 500 millions près, personne n'est capable de dire combien va coûter Seine-Nord ».

Un « dossier exemplaire »

« Ce qui fait défaut est un engagement et une parole forte de l'Etat », lance le député Marc Dolez (Front de gauche). « Il est important que nous exprimions la nécessité de faire ce projet », renchérit Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur Modem d'Arras. « Ce dossier est exemplaire. Année après année, nous avons levé les difficultés. Notre territoire élargi a tout misé sur la création du canal, la stratégie de développement, l'élaboration du SCOT ont été orientées vers le canal », insiste François-Xavier Villain, député-maire de Cambrai, territoire déjà marqué par la fermeture de la base aérienne 103 et par la disparition d'une usine Doux.

Dans le contexte de disette des crédits publics, le financement apparaît en danger. Mais Alain Gest, président de VNF, maître d'ouvrage, martèle que « le coût estimatif du canal n'a pas été sous-estimé », mais qu'il date d'octobre 2009, et que des recettes nouvelles sont même identifiées (droits de douane, évasion de TVA évitée). Il affirme aussi que « le dialogue compétitif se poursuit », en estimant que les études demandées par l'Etat, la mobilisation autour du dossier mais aussi la perspective d'un financement complémentaire par Bruxelles via les « project bonds » européens amèneront peut-être Bouygues à reprendre la procédure.

CORRESPONDANT À LILLE
Par OLIVIER DUCUING Retour Plus d'articles : Transport & Logistique

 

Publié sur le site de l'ORBP par Karim Lakjaâ

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