Les élus du Grand Paris grognent contre Cahuzac

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

La décision du ministère du Budget de geler le milliard d'euros nécessaire au lancement des travaux de la double boucle de métro autour de Paris mécontente les élus franciliens de tous bords.

La guerre pour le milliard est ouverte. Réunis mardi matin, les élus franciliens du syndicat Paris Métropole, toutes tendances politiques confondues, se sont montrés pour le moins critiques face à la volonté du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, de ne pas inscrire dans la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques 2013-2016 le milliard d'euros nécessaire au lancement de la double boucle de transport autour de Paris

Patrick Braouezec, ex-PCF et président de la communauté de l'agglomération de Plaine commune, en Seine-Saint-Denis, est monté au créneau pour dénoncer ce choix «négatif». Regrettant particulièrement de ne plus siéger à l'Assemblée nationale, il promet que les élus vont intervenir pour convaincre les parlementaires, «puisque le Parlement est censé le permettre», de «débattre jusqu'à ce que le milliard soit réintroduit». Braouezec est convaincu: «Il y a un débat interne au gouvernement entre ceux qui ont compris l'intérêt du Grand Paris Express et ceux qui voient cela d'une manière plus éloignée, qui n'ont pas tout compris.» En clair, il invite le ministre du Budget à venir passer quelques heures sur le terrain pour comprendre la galère des Franciliens en matière de transport.

Le choix des «budgétaires»

Cécile Duflot, ministre du Logement, également chargée du dossier du Grand Paris, n'est pas vraiment la cible des élus. Ils font encore confiance aux promesses faites en septembre par l'ex-responsable du groupe écologiste au conseil régional d'Île-de-France de ne pas porter atteinte au projet. Lundi, son cabinet a répété que «rien n'(était) remis en cause».

Daniel Breuiller, conseiller général et maire EELV d'Arcueil, se veut compréhensif vis-à-vis du gouvernement, qui a «du mal à boucler ses budgets» et qui «sacrifie tout ce qui n'est pas immédiatement indispensable». Mais il regrette lui aussi clairement le choix des «budgétaires». «Nous voulions, dit-il, inscrire ce milliard comme le signe palpable confirmant le lancement concret du réseau de transport.» Il espère lui aussi le soutien des parlementaires.

Une double boucle à 20 milliards d'euros

Le milliard d'euros, géré par la Société du Grand Paris, doit permettre de lancer les études et les travaux, mais aussi et surtout de servir de levier aux emprunts nécessaires pour le financement global de cette double boucle évaluée à 20 milliards d'euros. Représentant de la région Île-de-France à Paris Métropole, Jean-Marc Nicolle reconnaît que l'excédent prévu cette année à la SGP de 500 millions d'euros, fruit d'une ligne nouvelle sur la feuille d'impôt des Franciliens, «est susceptible de troubler le gouvernement». Mais il rappelle que la SGP doit aussi contribuer à l'accélération du plan régional de mobilisation des transports destiné à la rénovation des lignes déjà existantes.

Maire UMP de Saint-Germain-en-Laye, Emmanuel Lamy regrette «la mauvaise coïncidence conjoncturelle» et prévient: «Si on laisse la situation en l'état, le logement, les transports, tout ça va nous péter à la figure…»

À la mairie de Paris, à l'origine du syndicat Paris Métropole, on juge pour le moins «maladroite» la décision du ministère du Budget.

 

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/10/02/01002-20121002ARTFIG00489-les-elus-du-grand-paris-grognent-contre-cahuzac.php

Publié dans Grand Paris

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article