Le projet du Grand Moscou sera réalisé par les français Grumbach et Wilmotte

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

MOSCOU (RUSSIE) [10.09.12] - Les architectes et urbanistes français Antoine Grumbach et Jean-Michel Wilmotte ont remporté la consultation sur le développement de l’agglomération de la capitale russe.

Après 6 mois de préparation, l’équipe d’architectes dirigée par Antoine Grumbach et par Jean-Michel Wilmotte a remporté jeudi 6 septembre 2012 la consultation internationale du projet Grand Moscou.

Inspirée par le projet Grand Paris lancé en 2008 par Nicolas Sarkozy, la Russie avait lancé en janvier 2012 une consultation internationale visant au développement de Moscou en tant que « ville mondiale et centre international de la finance, de l’éducation, de l’innovation et du tourisme ». Trois équipes françaises avaient été retenues parmi les dix équipes internationales présélectionnées. Trois « intentions » prédominent dans ce vaste projet d’urbanisation. D’abord une volonté d’évolution pour l’agglomération déjà existante. Ensuite, une volonté d’expansion du tissu urbain au sud-ouest de Moscou, sur un espace de 160 000 hectares. Ce sont ces deux missions qui ont été confiées au groupement Grumbach / Wilmotte.

Enfin, une troisième mission vise à la création d’un nouveau centre fédéral situé au cœur de la future expansion, afin d’y transférer une partie de l’administration russe. Ce projet a été remporté par l’équipe américaine Urban Design Associates.

Cette volonté d’expansion de la capitale russe est née en 2011 avec l’inclusion au territoire de Moscou de 21 municipalités réparties sur une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la ville. Cette immense portion de territoire étant peu urbanisée, l’idée d’agrandir et d’améliorer la cité moscovite n’a pas mis longtemps à émerger. L’ancien président Dmitri Medvedev avait déjà émis le souhait de convertir Moscou en une « mégapole agréable à vivre ». L’enjeu ici est surtout de soulager une capitale aux habitations parfois vétustes, qui ne suffisent plus à contenir une population toujours grandissante (14 millions d’habitants en 2025). L’infrastructure obsolète qui occasionne des embouteillages sans fin dans Moscou sera également à revoir.

L’étude réalisée par les architectes français met en avant une volonté d’améliorer la qualité de vie des moscovites. D’abord avec la création de transports collectifs écologiques et de voies paysagées. « On est amené à faire ce qu’on a fait pour le Grand Paris : ne plus construire de bâtiments neufs pour se loger ou travailler si l’on a pas un système de transports associés » a indiqué Antoine Grumbach. Cette amélioration de la qualité de vie passera aussi par la construction de l’extension urbaine qui mêlera agglomération et espaces naturels. « L’ADN de Moscou c’est d’être une ville dans la forêt et une forêt dans la ville. Les architectes proposent d’appliquer cet axiome à l’extension de la ville » a indiqué l’agence Wilmotte.

Les autres points forts du projet présenté sont la création de neuf grandes portes tout autour de la ville, rappel architectural de grandes cités antiques, et la mise en service d’une ligne de métro qui fera le tour de la ville en une heure seulement (un projet repris au Grand Paris).

Concernant les changements voulus dans la ville existante, Antoine Grumbach se propose de « réconcilier la ville avec le fleuve », en mettant la Moskova au centre des préoccupations. La Moskova doit devenir « un vrai axe d’identité comme la Seine à Paris ou la Tamise à Londres » ont déclaré les architectes à l’AFP. Dans sa réflexion sur le Grand Paris, Grumbach avait déjà mis la Seine en vedette. La Russie semble pressée d’entamer les travaux. Le coût total de ce projet pharaonique est de 185 milliards d’euros pour une durée de 30 ans.

LeJournaldesArts.fr

Publié dans Métropoles - Villes

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