Le gel financier du projet Grand Paris sacrifie l'avenir de la région capitale

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

LE CERCLE. Paris est une des villes les plus attractives au monde, mais cela ne peut durer si rien n'est fait en terme d'infrastructures de transport pour l'ensemble de l'agglomération. Certains élus de l'opposition, comme Brigitte Kuster, et de la majorité comme Jean Paul Huchon s'en inquiètent. Bertrand Delanoë, lui, incroyablement, reste silencieux.

Le rapport récent de PwC montrant Paris comme une des villes les plus attractives au monde ne devrait pas pousser les élus parisiens à se reposer sur leurs lauriers, et si Paris intra-muros possède une des meilleures dessertes mondiales en termes de transport, il n'en est pas de même de la banlieue.

 

Ces infrastructures, condition sine qua non du développement économique et de l'attractivité ont peu évolué dans l'ensemble de l'agglomération au cours des trente dernières années.

 

La vision prospective initiée par Nicolas Sarkozy et Christian Blanc avec le projet du Grand Paris Express avait pour but de compenser cette absence d'évolution et même d'anticiper les besoins futurs. Les esprits éclairés avaient saisi l'enjeu et même Jean Paul Huchon s'était rallié, après négociation, au projet.

 

Il s'en retrouve aujourd'hui, ironie de l'histoire, un des seuls défenseurs dans le camp gouvernemental. François Hollande, tout à son souci de trouver de l'argent pour financer le maintien d'une fonction publique pléthorique ne semble pas mesurer l'importance d'un projet qu'il n'a pas porté. Pire, même Bertrand Delanoë qui s'est, à l'origine pour des raisons politiciennes, oppo sé au Grand Paris, semble muet sur le sujet.

 

Ainsi, paradoxalement, le Maire de Paris reste-t-il silencieux à l'annonce du quasi-abandon d'un projet qui aurait pu maintenir à la métropole parisienne son rang mondial.

 

Cette absence de réaction, venant de la part du premier magistrat de la commune la plus importante de France est consternante et laisse mal augurer de l'avenir si la gauche s'y maintenait en 2014.

 

Nous vivons à Paris sur une situation acquise, et les aménagements de qualité de vie (vélib, autolib, etc.) ont certes leur importance et sont appréciés des Parisiens, mais ils ne peuvent suffire à répondre à la lutte sans merci que les grandes métropoles mondiales vont se livrer dans les prochaines décennies en termes d'attractivité, irriguant ainsi leur "hinterland" avec la valeur ajoutée qu'elles génèrent.

 

Le futur Maire de Paris, sauf à gérer le déclin, devra être à la hauteur de cet enjeu.

 

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/territoires/221156185/gel-financier-projet-grand-paris-sa

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