La première couronne fait la métropole

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

Liberation

 

La future structure regroupera 10 des 11 millions d’habitants de la région Ile-de-France.

 

Par SIBYLLE VINCENDON
 

C’est le vrai Grand Paris. Parallèlement au volet transports, la métropole parisienne se dessine dans le futur acte III de la décentralisation, qui devrait être présenté en Conseil des ministres fin mars. Mais il n’est pas exclu que le Premier ministre rende publique cette organisation en même temps que les arbitrages transports (lire ci-contre), à la fin du mois.

Moins spectaculaire que le débat sur le métro automatique, l’affrontement sur la métropole est bien plus tendu. L’émergence d’une structure chapeautant 10 millions d’habitants, au sein d’une région qui en compte 11, est la bête noire de Jean-Paul Huchon, président de l’Ile-de-France. Depuis près de dix ans, Bertrand Delanoë et son adjoint Pierre Mansat ont patiemment tissé le regroupement des collectivités de la zone dense au sein de Paris Métropole. Jean-Paul Huchon allant répétant que le Grand Paris, c’est la région. La zone dense (les 10 millions d’habitants) représente 400 communes sur un total de 1 281 en Ile-de-France. Dans ce débat, le prudent François Hollande avait posé que le Grand Paris serait désormais «celui des élus». Mais lesquels ?

 

Apparemment, la vision parisienne l’a emporté sur la demande régionale. Il y aura bien une structure du Grand Paris, dont le périmètre ne sera pas celui de la région mais bien celui de 20 à 30 grandes agglomérations de la première couronne, qui n’existent pas encore (sauf trois). Mais le texte, dont Libération a lu les grandes lignes, rendra obligatoire leur constitution, avec un seuil minimal de 300 000 habitants. Cette intercommunalité forcée, qui a trente ans de retard sur la province, est l’élément clé du Grand Paris. Le regroupement des agglomérations formerait un «conseil métropolitain», le Grand Paris pour le dire simplement. Juridiquement, ce serait un établissement public. Cette instance comporterait un conseil d’administration comprenant les présidents des intercommunalités et le maire de Paris. Une instance issue des communes donc, à laquelle s’ajoutera une conférence métropolitaine réunissant la région et les départements.

 

Désireux peut-être de sauver la face du soldat Huchon, Bertrand Delanoë avait poussé une solution de gouvernance de la métropole assez alambiquée, avec présence de la région et vote par collèges, lui permettant de peser sur les choix.

 

Le gouvernement ne semble pas être entré dans ces finesses. Le Grand Paris, ce sont les élus des communes. En revanche, la région souhaitait que soit créée une autorité organisatrice du logement à périmètre régional. Accordé, et à cette autorité la stratégie : combien de logements à bâtir et où ? Aux intercommunalités revient la mise en œuvre dans leurs plans locaux de l’habitat. Enfin, preuve que la métropole a gagné, elle devrait bénéficier de ressources fiscales en propre.

Publié dans Métropoles - Villes

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