La métropole, maintenant ? Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris chargé de "Paris métropole" réagit au discours de JM Ayrault

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

crédits : Mairie de Paris

[07/03/2013]

Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris chargé de "Paris métropole" et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France, réagit au discours de Jean-Marc AYRAULT, Premier Ministre sur le Grand Paris 

 

http://www.paris.fr/politiques/paris-metropole/la-metropole-maintenant/rub_8682_actu_127204_port_24610

 

Le premier ministre a évoqué dans son discours à la fois la gouvernance de la métropole parisienne et le Grand Paris Express, qu’est-ce que cela signifie ?

Le discours du 6 mars marque, à mes yeux, une étape historique
Cela fait une dizaine d’années que la nécessité de construire une démarche politique inédite pour faire évoluer la métropole parisienne a repris place, à l’initiative de Bertrand Delanoë, au cœur du débat politique francilien et même national. Je dis « repris place », parce que ce débat est encore plus ancien.


Le statu quo administratif, la préférence pour l’éclatement communal, et le cloisonnement des imaginaires ont été toujours confirmés ; la nécessité de réviser les cadres politiques a toujours été remise à plus tard
En annonçant à la fois la volonté de donner à la métropole parisienne une forme politique et la réalisation du Grand Paris express, le discours du 6 mars marque une vraie rupture. Une rupture parce que deux histoires qui ont longtemps cheminé séparément peuvent désormais avancer de pair. L’histoire des élus, réunis au sein de Paris Métropole pour affirmer leur volonté de sortir du statu quo, de construire une métropole polycentrique, leur volonté d’agir ensemble. L’histoire de l’Etat, capable d’identifier l’enjeu national attaché au bon fonctionnement de la métropole capitale, mobilisant, au nom d’une vision des enjeux du Grand Paris, des financements et des moyens d’action.


Ce n’est qu’un symbole, mais il mérite d’être souligné. Jean-Marc Ayrault a annoncé l’intention du gouvernement de construire les lignes 15, 16, 17 et 18 de métro. Le métro parisien, l’emblème de Paris intra-muros devient donc un symbole partagé. Au-delà, ce choix traduit une évolution en profondeur du Grand Paris Express. Le réseau du Grand Paris a d’abord été conçu comme un super métro reliant les clusters spécialisés aux aéroports et tournant pratiquement le dos au réseau existant. Il s’inscrit désormais, grâce à la fusion du plan de mobilisation et du Grand Paris Express, grâce aussi au travail acharné conduit par Jean-Paul Huchon et les élus métropolitains, dans un plan de transformation globale du réseau. Il identifie un chemin pour faire la métropole, qui articule l’urgent et le long terme.

 

Quid de Paris Métropole ? Que va-t-il devenir ?


Le 15 mai, à l’hôtel de Ville, puis à nouveau en janvier lors de ses vœux aux Parlementaires, François Hollande avait annoncé son ambition et sa méthode, pour donner à l'agglomération parisienne les moyens d'agir à la bonne échelle. « L'outil peut être Paris Métropole, qui rassemble déjà 200 collectivités. L'Etat fait confiance aux élus locaux pour définir le bon périmètre et le juste contenu. » Le 17 décembre dernier, Paris Métropole n’a pas réussi à faire adopter la plateforme de propositions qu’on avait patiemment construite. Il n’en reste pas moins que le projet aujourd’hui annoncé par le Premier Ministre donne corps aux ambitions que les élus de Paris Métropole avaient fait avancer depuis près d’un an. Les orientations que Paris Métropole avait présentées au Premier ministre, en décembre, ont fait avancer des convictions fortes. Jamais Paris métropole n’a souhaité être un législateur de substitution et je crois qu’il faut se féliciter que le gouvernement prenne ses responsabilités, tout en respectant les grandes options proposées par Paris Métropole. C’est vrai à la fois du périmètre d’intervention de la future « métropole de Paris », de ses compétences, mais surtout des principes qui guideront ses interventions.


Une idée prend corps : la métropole polycentrique et solidaire. Les orientations évoquées aujourd’hui, traduisent bien l’ambition que Paris Métropole avait su faire partager. L’ambition de construire la métropole à partir des pôles qui ont émergé et qui prennent la forme de grandes intercommunalités à consolider. L’ambition de construire un cadre permettant d’agir ensemble, au nom de l’idée que l’efficacité repose non pas sur une segmentation bloquée des rôles des uns et des autres, mais sur la capacité de mobiliser tous les acteurs. L’ambition enfin que cette métropole se construise pas seulement autour d’un projet d’attractivité, mais autour d’une volonté de solidarité. Les compétences dont se saisira l’institution métropolitaine traduisent notre volonté de relever ce défi : le logement, bien sûr, mais aussi l’urgence sociale et la transition énergétique.


Le travail doit se poursuivre. Le 6 mars, marque une étape historique, ce n’est pas bien sûr un aboutissement. Le travail sur le projet de loi se poursuivra. Les discussions en cours au sein de Paris Métropole témoignent de la volonté de tous les élus de continuer à enrichir ce projet de loi. Le débat parlementaire nous donnera cette occasion. Pour ma part, je crois que quelques sujets doivent continuer d’être creusées ensemble. La place des communes tout d’abord, tant il est vrai que dans la métropole, les maires jouent un rôle essentiel que le développement de l’intercommunalité ne saurait effacer ; l’association de la région et des conseils généraux, à l’instance de gouvernance de la métropole. La particularité de la métropole parisienne, c’est depuis toujours l’imbrication des acteurs. Il faut sans doute continuer de travailler pour voir comment les Conseils généraux et la Région peuvent trouver toute leur place.


Et que pensez-vous du terme employé « la métropole de Paris » ?


Le choix du nom est essentiel. Je crois pour ma part que ce choix doit traduire les convictions qui nous unissent et ne pas donner le sentiment de rétablir une vision concentrique de la métropole. Le choix de « Paris Métropole » était porteur de cette conviction-là, mais aussi de la volonté de partir des acquis, de construire à partir de l’existant.

Publié dans Métropoles - Villes

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