La FNSEA dispose d'une structure interne dédiée au Nord Bassin parisien

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

La FNSEA Nord Bassin Parisien regroupe plus de 12 départements (l'Aisne, l'Aube, l'Eure, l'Eure et Loir, l'lle-de-France-Ouest, la Marne, le Nord, l'Oise, le Pas de Calais, la Seine et Marne, la Seine Maritime et la Somme) présenteront chacun un thème autour de l’eau lors de la Nuit Verte le 13 avril.

 

L’Aisne a opté pour l’agriculture et la protection des eaux de surface. AgriPéron, sans aucun doute le plus bel exemple qui a été réalisé par les agriculteurs axonais et dont les résultats ont été sans appel vis-à-vis de la maîtrise des bonnes pratiques agricoles sur la qualité de l'eau de surface et des eaux souterraines, sera donc décrypté à Paris.


Agripéron est une opération qui a eu lieu entre 2004 et 2007 dans l’Aisne avec pour objectif la mise en place de pratiques agricoles favorables à la préservation de l’environnement. A la suite d’un diagnostic des risques potentiels de pollution des exploitations sur ce bassin versant, un programme d’actions concrètes sur 14 000 ha a été élaboré avec 76 agriculteurs afin de prévenir les risques de pollution ponctuelle et diffuse par les produits phytosanitaires vers le milieu naturel de la rivière le Péron.

 

Des simples peuvent apporter beaucoup à l’environnement
Hubert Compère, agriculteur à Mesbrecourt, fait partie des 76 exploitants qui se sont engagés dans le projet en 2004. «Nous avons découvert assez rapidement qu’à partir du moment où nous avons installé des phytobacs et des bacs de rétention pour le stockage d’engrais liquides dans les exploitations, la pollution des eaux de surface de la rivière avait disparu» explique-t-il, rappelant que pratiquement 5000 m linéaires de haies ont été plantés pour jouer un rôle positif sur le paysage et la biodiversité. Arvalis a ensuite utilisé l’outil Aquavallée. Ce modèle a permis d’établir des cartes des différents types de transferts des produits phytosanitaires à l’échelle de chaque parcelle en utilisant en particulier les données de la carte des sols de la Chambre d’agriculture de l’Aisne et les connaissances agronomiques. Il est ainsi possible de définir des actions à mettre en oeuvre sur les zones prioritaires du bassin versant. «Dans Agripéron, les mesures ont toujours été basées sur des conseils et non sur des interdictions» s’est félicité Hubert Compère. Des diagnostics de biodiversité en particulier les espèces animales et végétales présentes dans la rivière ont été utilisées comme indicateurs sur l’efficacité des changements de pratique et des aménagements mis en place par les agriculteurs dans leurs exploitations. Dans le cadre d’Ecophyto qui vise à réduire, si possible, de 50 % l’usage des pesticides d’ici 2018, le programme Dephy, lancé en 2011, regroupe des fermes pilotes permettant de diffuser les bonnes pratiques en matière de systèmes économes en produits phytosanitaires. En 2012, le nombre d’exploitations impliquées devraient atteindre les 2000. Hubert Compère en fait partie. «Dans ce cadre, j’ai pour objectif de réduire de 30 % mes utilisations d’herbicide». Et pour cela, l’agriculteur compte bien se servir de ses connaissances. En effet, Hubert s’est investi dans le projet Agripéron, bien plus qu’il ne s’y attendait. «Je trouve un intérêt grandissant dans l’environnement. J’observe énormément et je remets l’agronomie au premier plan. J’apprends la biologie des insectes, leurs comportements…».  D’ailleurs, en la matière, il est intarissable. Tout en fournissant ses explications, il sort un vieux livre, avec des schémas, des solutions pour tuer les ravageurs et conserver les auxiliaires. «A l’époque, le métier s'organisait autour de l'observation de la nature». Mais c’est surtout au champ qu’il travaille. «J’avais des problèmes sur 5 parcelles. J’y ai maîtrisé le ray-grass en associant des matières actives complémentaires, j’ai intégré le faux-semis et rééquilibré mes rotations avec des cultures de printemps et d’hiver. L’équilibre est aujourd’hui retrouvé» sourit-il, avant de préciser que cet enseignement se fait sur 3 ou 4 ans. Autre exemple : «en limitant fortement les insecticides et molluscicides, je retrouve des populations d’auxiliaires qui permettent de ne jamais avoir de limaces. Ce sont les carabes qui jouent ce rôle». Et cela fait 9 ans qu’Hubert n’utilise plus d’insecticides. Autre enseignement : «j’avais des problèmes de graminées dans mes parcelles sur des cultures d’automne. J’ai remis des cultures de printemps dans ma rotation. Après une féverole ou du colza, je fais un faux-semis avant de semer un blé. Le problème a été résolu en 4 ans» explique-t-il, précisant que le choix de la variété céréalière est important aussi. En betteraves, il ne traite jamais les noctuelles… Et des situations comme celles-ci, il vous en détaille encore d’autres, employant des noms latins ou grecs pour parler des insectes. «La question est de savoir si les auxiliaires peuvent être valables pour tout. On y travaille. Des essais sont en cours avec un protocole d’observations suivi par un entomologiste».

 
Hubert Compère devant le Péron qui a prêté son nom au programme AgriPéron. Une expérience concluante qui se décline en Agriper’Aisne au niveau du département.

Hubert Compère devant le Péron qui a prêté son nom au programme AgriPéron. Une expérience concluante qui se décline en Agriper’Aisne au niveau du département. - © l'agriculteur de l'aisne

«Adhérer à un tel projet est une remise en cause de soi et de ses pratiques culturales» avoue-t-il, insistant sur le fait que ses rendements sont restés plus que satisfaisants. «Il s’agit d’une évolution et non d’une révolution. En cultivant, je ne bouscule pas la nature. Aujourd’hui, la biodiversité sur le Péron est aussi riche que celle de Natura 2000, zones qui ont été mises sous cloche !». «J’aimerais simplement que les gens prennent conscience qu'avec des gestes très simples, on peut faire beaucoup pour l’environnement».

Pourquoi participer à Nuit Verte ?
Beaucoup de communication a été lancée autour d’Agripéron. Site internet, nombreux articles de presse, reportages vidéo…  De son côté, Hubert n’hésite pas à transmettre ses connaissances et à faire partager son expérience. Il reçoit des groupes d’agriculteurs, d’enseignants et de techniciens agricoles, qui viennent parfois de loin : Allemagne, Roumanie… En revanche, «les écolos n’ont jamais pris de rendez-vous. Ils sont intéressés par les critiques mais pas par la résolution des problèmes !».
Hubert interviendra lors de la Nuit Verte à Paris. Son objectif : montrer aux urbains que les agriculteurs protègent l’environnement et la qualité de l’eau. Il existe des solutions aujourd’hui, et il est grand temps de diffuser toutes les informations auprès du grand public qui critique vivement une profession qui évolue très vite pour répondre à leurs attentes. «C’est primordial que les agriculteurs s’investissent dans cet événement. C’est pour nous une occasion rêvée de transmettre notre savoir et nos engagements. Cette grande opération de communication permettra aux agriculteurs d’apporter des réponses à des craintes et de prouver qu’agriculture et environnement vont de pair. Si ce n’est pas nous qui le faisons, alors qui d’autre pourra le faire ?» conclut-il.
 

La nuit verte : une pluie d’animations

Le 13 avril prochain, les agriculteurs de la FNSEA région nord Bassin Parisien iront, sur les jardins du Trocadéro, à la rencontre des Parisiens. Thème majeur de cette rencontre : l’eau. C’est bien par un des grands sujets sensibles entre les agriculteurs et les citadins que les organisateurs, la FNSEA et JA veulent dialoguer avec les Parisiens. Un événement très médiatique qui ne se veut pas en concurrence mais en complément avec le Salon de l’agriculture de la porte de Versailles. L’organisation a représenté un investissement de 1 million d’euros et pourrait se renouveler pour d’autres éditions, souhaitent les organisateurs. Pour cette année, cette Nuit verte pourrait avoir un relief particulier avec la visite de candidats à l’élection présidentielle. Les organisateurs n’ont en effet pas choisi la date du 13 avril par hasard. L’ensemble des jardins du Trocadéro, qui surplombent la Seine, face à la tour Eiffel, devrait constituer un espace de qualité. Le pont d’Iéna sera enherbé, sauf un passage pour les handicapés. Douze rendez-vous ou escales sont prévus, animés par des agriculteurs de la région autour de thèmes comme l’irrigation par exemple. Des oasis sont également prévues permettant de mettre en valeur des dimensions ou savoir faire, parfois sur un mode ludique (un défilé de mode pour le lin par exemple, une ferme pédagogique, un pôle cynégétique, etc). Une émission de 52 minutes avec deux tables rondes sera diffusée sur Terre d’Info TV, la chaîne des Chambres d’agriculture et pour partie sur la chaîne national Geographic.
La première table ronde vise à répondre à la question : comment les agriculteurs protègent leurs ressources en eau.
La deuxième concernera la place des agriculteurs dans la société aujourd’hui. Enfin, des dégustations de produits auront lieu, de même qu’un grand quizz, un jeu de l’oie géant, une ferme pédagogique, un concert à partir des Quatre saisons de Vivaldi entourés d’une féerie aquatique.

 

source: http://www.paysantarnais.com/actualites/nuit-verte-a-paris-une-nuit-verte-pour-l-or-bleu&fldSearch=:0HEWLO6K.html

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