L’Île-de-France en 2030 : plus vieille et moins attractive

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien


1.1 million d’habitants supplémentaires d’ici 2030. Voilà la prévision issue de la dernière publication de l’INSEE Ile-de-France. Au final, plus de monde dans tous les départements mais une population qui vieillit et peine à attirer les habitants de la province.

En s’appuyant sur les tendances démographiques actuelles, l’INSEE a pu analyser l’évolution de chacun des départements. Tous sans exception doivent s’attendre à une augmentation de leur population. C’est la Seine-Saint-Denis, de par sa jeunesse, qui connaîtra la hausse la plus importante avec 18% d’habitants en plus, devant les Hauts-de-Seine (+13%) et l’Essonne (+10%). La saturation de Paris s’accentuera encore, même si la capitale ne connaîtra qu’une légère augmentation de trois points de sa population en 18 ans.

 

Evolution démographique des départements d'Île-de-France en 2030

Une région attractive à l’étranger mais de moins en moins en province

Selon la prévision, si l’Île-de-France continue sa marche en avant démographique, elle le doit à son solde naturel, c’est-à-dire à un nombre de naissances supérieur à celui des décès. Car en ce qui concerne l’attractivité migratoire, l’INSEE estime que les départements franciliens connaîtront plus de départs que d’arrivées, un déficit de sympathie dont nous avait déjà parlé le collectif d’urbanistes Deux degrés dans leur tribune “Pour un tout petit Paris”.

L’Île-de-France n’attirera plus le reste de la France, mais elle continuera à constituer une porte d’entrée sur le territoire national. Les flux migratoires issus de l’étranger garantissent à eux seuls la croissance démographique légèrement positive de Paris. Sans cette immigration, en 2030 la population de la capitale baisserait et serait au niveau de 2007.

 

Un Francilien sur quatre aura 60 ans ou plus

Si la région parisienne reste un territoire relativement jeune au regard du reste de la métropole, cela ne l’empêchera pas de suivre la tendance globale du vieillissement de la population française. En 2030, l’INSEE estime qu’entre 22 et 24% de la population francilienne aura plus de 60 ans selon le département. Seule la Seine-Saint-Denis qui affichera une natalité importante sera peu touchée par le vieillissement.

70.000 logements neufs par an nécessaires

Cette augmentation de 9% de la population régionale exige une augmentation du nombre de logements. Actuellement, la DRIHL Île-de-France, organisme chargé de la question de l’hébergement et du logement, estime que l’on construit près de 40.000 logements par an. L’INSEE estime que 70.000 sont nécessaires (ce que prévoit la loi du Grand Paris), dont la moitié servirait au renouvellement d’un parc immobilier ancien, vétuste et inadapté. Ce chiffre ambitieux permettrait également de réduire la suroccupation des logements, plus importante en Île-de-France qu’en province et remédierait à la cohabitation forcée. L’Essonne et la Seine-Saint-Denis seraient les départements les plus concernés par la construction neuve.

Cette note complète l’article prospectif de l’Institut d’Aménagement Urbain qui date de février 2010 et qui estime que 1,1 million des ménages franciliens en 2030 sera composé d’une seule personne.

 

Publié dans SDRIF - IDF

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