Gouvernance du grand Paris comment faire atterrir huchon

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/2013/01/gouvernance-du-grand-paris-comment-faire-atterrir-huchon.html

 

"Personne ne veut brutaliser la région mais on se demande si Jean-Paul Huchon va atterrir". Cette cruelle réflexion a été livrée ce matin en marge des voeux à la presse de Bertrand Delanoë par un élu parisien.  Voilà qui résume bien  l'état des négociations sur la gouvernance de la métropole. Car même si depuis des mois, Huchon martèle que le Grand Paris c'est la région, il est de plus en plus  isolé dans cette certitude. A la ville de Paris, on en est quasiment sûr:  le dispositif qui s'élabore en ce moment entre Matignon et le ministère de la Décentralisation ira dans le sens d'une instance regroupant toutes les collectivités d'Ile-de-France, mais agissant de façon opérationnelle sur la zone agglomérée centrale. En particulier pour le logement.

 

En tout cas, le dispositif que Bertrand Delanoë a décrit ce matin aux journalistes est dans ce schéma. Evoquant cette réforme qui devrait figurer dans l'acte III de la décentralisation, il admet qu'il "peut y avoir une nuance entre Jean-Paul Huchon" et lui. Euphémisme. Sur la question du logement, le maire de Paris a ce diagnostic simple: "La zone pertinente est l'aire urbaine". Cela n'empêchera pas "l'instance" métropolitaine nouvellement créée de "fédérer la région, la maire de Paris, les départements de première et grande couronne et les intercommunalités". La pondération des votes renforcera le pouvoir décisionnaire des collectivités de la zone centrale. Et "sur la politique du logement, sur l'hébergement d'urgence et sur l'environnement, car il  faut  intégrer le programme de rénovation énergétique des immeubles", il faut "être pragmatique".  D'où le périmètre plus restreint.

 

En fait, de quoi s'agit-il? De résoudre la crise du logement en Ile-de-France en quittant le chacun pour soi que les communes pratiquent depuis des lustres. Dans la réforme qui s'annonce, l'instance métropolitaine élaborerait un plan métropolitain du logement contenant entre autres, l'objectif des 25% de logements sociaux. Au niveau inférieur, les intercommunalités voteraient des Plans locaux d'urbanisme intercommunaux (PLU-I) reprenant ces impératifs. Et pour les récalcitrants? "Si une commune veut s'accrocher à 2% de logements sociaux, il faudra que dans la loi, il y ait des moyens de faire en sorte que le plan métropolitain du logements soit mis en oeuvre", a estimé Bertrand Delanoë.

Certes, il est hors de question de retirer aux maires le puissant pouvoir de délivrer les permis de construire. Personne n'ose aller aussi loin. Mais Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris et candidate à sa succession, pense que "les conditions politiques sont réunies" pour que le Préfet se substitue au maire, comme la loi SRU le prévoit. "Au lieu de se contenter d'un constat de carence, l'Etat peut dire: je reprends".

 

Au delà, pour Anne Hidalgo, "il y a moyen de sortir par le haut sans que personne ne soit lésé. La région va être confortée dans ses compétences économiques". Il n'en reste pas moins que Jean-Paul Huchon, comme le dit un élu, "se demande ce qu'il devient là-dedans".

Publié dans Grand Paris

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