Grand Paris: la Seine-Saint-Denis inquiète pour ses lignes

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

Carte Réseau transports Grand Paris Express
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"La Seine-Saint-Denis veut tout". C'est par cette forte injonction, qui figure dans un appel lancé ce matin par le conseil général, que 72 élus du département entendent faire pression pour obtenir le maintien - dans les arbitrages à venir - des trois lignes du Grand Paris Express qui traversent leur territoire. De récentes déclarations de Cécile Duflot, ministre en charge du Grand Paris, sur la sous-évaluation "évidente" des coûts de la ligne orange et de la rouge entre Pleyel et Roissy-Charles-de-Gaulle les ayant un peu inquiétés, ils mettent ainsi un petit coup de pression.

 

Ils ont d'ailleurs été rejoints par les élus du conseil d'administration du syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) qui ont voté à l'unanimité droite- gauche (chose rare) un voeu demandant l'inscription "des financements nécessaires pour le Grand Paris Express" d'ici la fin de l'année ainsi que "l'affectation de nouvelles ressources". Autre petit coup de pression.

 

En Seine-Saint-Denis, le réseau du GPE comporte trois lignes qui toutes ont leur talon d'Achille. La rouge-est, qui passe par Clichy-Montfermeil, souffre de desservir des zones moins densément peuplées que la première couronne. Sa création n'aiderait pas à la désaturation des lignes de métro nord sud actuelles.

 

La ligne orange, qui dessert des territoires suffisamment denses pour justifier un mode de transport lourd, est victime de son entrée tardive dans le schéma global. Son dossier d'objectifs et de caractéristiques principales (DOCP) vient à peine d'être adopté au conseil du Stif. Et le montant d'investissement qu'il comporte - 5,4 milliards d'euros - est loin de l'enveloppe de 2 milliards à partir de laquelle elle avait été étudiée.

 

Reste le cas épineux de la ligne rouge dans le tronçon qui doit aller de Pleyel à l'aéroport Charles-de-Gaulle (plus précisément, terminus au Mesnil-Amelot). Sur ce parcours, il y a pas moins de trois projets différents. L'amélioration du RER B, "l'omnibus francilien", dont les travaux s'achèvent avec retard mais s'achèvent. Ils seront terminés cet été et devraient rendre la desserte plus efficace.

 

Deuxième projet, le tronçon du Grand Paris Express. C'est celui que veulent en particulier les acteurs économiques puisqu'il dessert aussi bien les deux aéroports du Bourget et de Roissy, mais aussi les deux parcs des expositions du Bourget et de Villepinte. De plus, il conditionne absolument l'implantation d'EuropaCity, le méga centre commerce-loisirs-culture du groupe Auchan.

 

A cela s'ajoute CDG-Express, desserte ferroviaire directe entre Paris et Charles-de-Gaulle, sorte de serpent de mer qui vient d'être réanimé par une alliance inattendue SNCF-RATP-Aéroports de Paris et Réseau ferré de France. Abondance de biens est supposée ne pas nuire mais dans le cas précis, c'est moins sûr.

 

L'exercice de priorisation et d'évaluation des coûts dans lequel le ministère de Cécile Duflot s'est engagé est délicat. Aujourd'hui, on pourrait monter une dizaine de scénarios de réalisation du réseau. Il va falloir que l'expert désigné pour remettre tout cela à plat, Pascal Auzannet, les réduise à trois au quatre. Avec un jeu de critères pour fixer ce qui rentre dans la liste des priorités numéro un, deux ou trois. Quant au ministère, il pourrait d'ores et déjà être en train de réfléchir aux compensations et alternatives de transports pour les territoires qui ne décrocheraient pas leur place dans le premier choix.Des lots de consolations?

 

http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/2012/10/grand-paris-la-seine-saint-denis-inqui%C3%A8te-pour-ses-lignes.html

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