Des aménagement urbains pour contrer la canicule à Paris

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

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Paris et ses ilôts de chaleur urbain durant la nuit du 12 août 2003

La ville de Paris, Météo France et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont dévoilé le 7 novembre les résultats d’une étude menée durant 4 ans sur l’évolution de la température en région parisienne (projet Epicea).

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C'est un fait qui s'établit avec de plus en plus de certitudes : les hivers se radoucissent et les étés sont de plus en plus chauds.

Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une bonne, car avec le radoucissement hivernal, la diminution des besoins en chauffage va s'accélérer et une mauvaise car les épisodes caniculaires à Paris, comme celui de 2003, sont appelés à se multiplier d'ici la fin du siècle.

Le projet EPICEA (Etude Pluridisciplinaire des Impacts du Changement climatique à l’Echelle de l’Agglomération parisienne) a donc été mené conjointement par Météo-France, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et la Ville de Paris pour apporter un éclairage scientifique sur des possibilités d’adaptation de la ville face à ce changement climatique.

A Paris, les résultats mettent en évidence une hausse systématique de la température de l’air de plus de 2°C, nettement plus marquée en été qu’en hiver.

Les chercheurs sont parvenus à simuler, quartier par quartier, les zones les plus exposées aux hausses de température. Conclusion, les quartiers les plus chauds sont les quartiers du centre, très urbanisés. De manière générale la température de l'air pourrait augmenter entre 2 et 4 °C selon le taux d'urbanisation.

Comment faire pour rendre la vuie plus respirable ?

 

Adaptation du territoire : 3 scénarios

 

L'épisode caniculaire de 2003 a servi de base pour tester trois scénarios d'adaptation de l'urbanisme à ce réchauffement.

Le premier, dit "scénario réfléchissant", consisterait à recouvrir les façades et les toitures avec des matériaux très réfléchissants et fortement émissifs .

"L’apparition de produits de construction présentant les propriétés radiatives recherchées laisse augurer de la faisabilité technique" de ce scénario note l'étude. Membranes d’étanchéité de couverture, bardages, peintures mises en oeuvre sur des couvertures ou des murs : les produits existent. "Les couvertures rafraîchissantes (cool roofs) commencent à apparaître notamment pour des bâtiments commerciaux ou de bureaux" notent les chercheurs qui estiment que "le surcoût lié à ces produits nouveaux devrait diminuer avec leur diffusion".

Attention toutefois : "de nombreuses questions nécessitent des investigations complémentaires". Quid du maintien dans le temps des propriétés des matériaux et leur résistance face à la pollution ? Plus ennuyeux encore, les murs reflecteurs "peuvent générer en journée de l’inconfort thermique supplémentaire pour les piétons", indique l'étude. "En plus du rayonnement solaire direct, ils recevraient en effet le supplément de rayonnement réfléchi par les murs (Erell et al. 2012). Générer de l’ombre artificielle par la plantation d’arbres ou l’installation de pare-soleil s’avérerait alors nécessaire".

Le second scénario, dit "de verdissement", consisterait a recouvrir les espaces nus d’herbe ou de végétation basse. Pour être efficace ceci implique que la végétation soit entretenue et bien arrosée pour maintenir une bonne évapotranspiration.

Le dernier scénario consisterait à humidifier les chaussées lors des épisodes caniculaires. La ville à la chance de disposer d’un réseau d'eau non potable. Des travaux vont être entrepris pour le maintenir en bon état de service. Cette technique d'arrosage des chaussées a déja été testée en Espagne et au Japon.

 

Enfin avant de lancer les grandes manoeuvres (qui prendraient des années), le rapport EPICEA pose une dernière question, cruciale : "l’augmentation massive de surfaces végétalisées et plus encore la modification de la couleur dominante des façades et des couvertures induira nécessairement une évolution de la perception visuelle de la ville. Un Paris plus « blanc », serait-il plus attractif, moins attractif ?

 

Consulter le rapport complet

 

http://www.lemoniteur.fr/133-amenagement/article/actualite/19381474-des-amenagement-urbains-pour-contrer-la-canicule-a-paris

Publié dans Grand Paris

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