"Chiffrer et déchiffrer les villes", thème de la prochaine Rencontre nationale des agences d'urbanisme

Publié le par Observatoire Rémois du Bassin Parisien

Développer les liens entre les agences d'urbanisme et le monde de la recherche, telle est l'ambition qui sous-tend la 33e Rencontre nationale des agences d'urbanisme, organisée du 19 au 21 novembre à Bordeaux. "Face aux mutations de la ville et des territoires, a-t-on les bonnes lunettes pour comprendre ce qui se passe ?" s'est interrogé Vincent Feltesse, président de la Fédération nationale des agences d'urbanisme (Fnau) et de l'A'Urba, l'agence d'urbanisme de l'agglomération bordelaise, lors de la présentation de cette manifestation, le 23 octobre. "Les frontières sont de plus en plus floues entre territoires et nous avons à faire face à des contraintes financières fortes alors que nous sommes dans l'incapacité d'avoir une approche en termes de coût global", estime-t-il. "Il y a dans toutes les agglomérations une dissociation importante entre l'emploi et le lieu d'habitation, c'est un phénomène galopant qui nous impose d'organiser ces mobilités", confirme André Rossinot, président (UMP) de l'Aduan (agence de développement et d'urbanisme de l'aire urbaine nancéienne) et vice-président de la Fnau. "La réalité urbaine change à une vitesse phénoménale et nous a pris de court sur les modes d'observation. Comment dès lors construire des outils d'intervention ?" a renchéri Mireille Ferri, vice-présidente de la Fnau et de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France. Pour elle "les agences ont besoin du monde de la recherche pour construire des indicateurs, disposer d'instruments prospectifs". "Faute d'expertise ad hoc, souligne la Fnau, des thématiques aussi stratégiques que les espaces périurbains, les intensités, les flux relationnels, le chrono-aménagement, les grands territoires… constituent aujourd'hui des points aveugles de la pensée et de l'action urbaine."

Ateliers et visites de terrain

Sociologues, géographes, spécialistes des sciences politiques ou de gestion, etc., sont donc aujourd'hui mis à contribution pour aider les urbanistes à renouveler leur vision. Cette 33e rencontre nationale illustrera ce rapprochement. Les séances plénières auront pour thèmes : "les nouvelles intelligences territoriales", "ingénieries territoriales : quelles cultures techniques ?" et "ingénieries territoriales : quelle organisation institutionnelle ?" La journée du 20 novembre sera consacrée à 19 ateliers métiers, chacun d'entre eux étant couplé à une visite de terrain dans l'agglomération bordelaise. On trouve au programme de ces ateliers des sujets aussi divers que "habiter l'eau", "la ville numérique sera-t-elle innovante et citoyenne ?", "trame verte et bleue : des approches multiscalaires aux déclinaisons multifonctionnelles", "la mutualisation de la donnée", "appréhender les interdépendances territoriales pour comprendre la métropolisation", "programmer l'habitat : quels outils, quel pilotage, quels partenariats ?", "modéliser les trafics, modeler la ville", "qu'apportent les démarches artistiques à l'urbanisme ?", "flux : appréhender les interdépendances territoriales pour comprendre la métropolisation", etc. L'atelier "agences d'urbanisme et monde de la recherche : quelles interactions pour quels apports ?" sera en partie consacré à la présentation des deux lauréats du prix de thèse sur la ville remis pour la première fois lors de cette rencontre nationale. Au cours de ces trois jours sera également signée une convention entre la Fnau et la Conférence des présidents d'université pour améliorer l'articulation entre ces deux structures pour la gestion des emprises universitaires.
Pour Vincent Feltesse, qui est également député et président de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), les agences d'urbanisme ont aussi à se positionner dans le débat sur l'acte III de la décentralisation. "Cette décentralisation devrait se traduire par une régionalisation, il faut que les agences d'urbanisme contractualisent avec les conseils régionaux pour leur apporter leur savoir-faire", estime-t-il. "Le fait métropolitain figurera dans la loi, c'est acquis. Il reste maintenant à le définir, ce qui ne sera pas forcément facile", prévient-il. Autre enjeu pour les agences, "bien prendre en compte les spécificités de chaque territoire". Avec en arrière-plan la question du devenir de l'ingénierie territoriale, après que l'Etat a abandonné ses prérogatives en la matière. En attendant, les agences d'urbanisme peuvent apporter leur concours à toutes les collectivités. Car, comme l'a rappelé André Rossinot, elles "n'ont pas de limites territoriales et ne sont pas affectées aux grandes villes".

 

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